Age L’âge des chevaux de course, ou de pur sang, ce qui revient au même, se compte toujours à la date du premier janvier de l’année de leur naissance. Les courses étant divisées en catégories, auxquelles prennent successivement part les produits de pur sang, depuis l’âge de deux ans, il est devenu indispensable d’adopter à ce sujet une mesure générale.
Elle n’est nécessairement pas absolument exacte, les poulains naissant d’ordinaire du mois de février à celui de mai inclusivement. La saison de monte des étalons commence au 1er février pour finir au 1er juin. Il peut donc se trouver qu’un cheval porté au programme d’une course comme ayant trois et quatre ans, n’ait effectivement pas cet âge, à deux ou trois mois près. |
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Cette légère différence a cependant une certaine influence, un ou deux mois de plus suffisant parfois, chez un aussi jeune animal, pour modifier assez sensiblement sa croissance et son développement. Il en résulte pour les éleveurs un intérêt réel à faire naître leurs poulains le plus tôt possible. Aussi font-ils saillir leurs juments de manière à ce qu’elles mettent bas, autant que faire se peut, vers le mois de janvier, sans dépasser le terme fatal du 1er de ce mois. Dans ce cas, la carrière du poulain se trouverait perdue avant de commencer, car, s’il naissait le 31 décembre, il se trouverait avoir légalement un an le lendemain, c’est-à-dire le 1er janvier de l’année suivante. Le fait n’est pas sans précédents, et s’est présenté plusieurs fois déjà. Le poulain se trouve alors sans aucune valeur, du moins pour les courses, car il lui serait impossible de lutter contre des adversaires qui auraient, de fait, une année de plus que lui.
Cette règle peut paraître rigoureuse, mais elle est indispensable pour la régularité des engagements. On serait forcément jeté dans un dédale inextricable de fraudes et d’incertitudes. Lorsqu’une jument met bas très près du 1er janvier, il faut donc attendre, pour la resaillir, qu’il se soit écoulé un temps suffisant pour être certain que son poulain de l’année suivante ne viendra pas trop tôt au monde. Ce délai ne peut-être moindre d’un mois, il serait même prudent d’attendre un peu plus longtemps, la nature étant, à cet égard, sujette à des irrégularités qui ne permettent pas un calcul de justesse mathématique.
Le produit est poulain de lait, ou laiteron jusqu’à cinq ou six mois, époque ordinaire du sevrage. Il reste à la prairie en liberté jusqu’au mois d’octobre de l’année suivante, c’est-à-dire jusqu’à l’âge de dix huit mois environ. Il entre alors en travail, et les entraîneurs lui donnent le nom de Yearling (ou poulain d’un an). L’année suivante, il prend part aux courses de deux ans, et suit le cours régulier de sa carrière. A cinq ans, il devient réellement cheval, c’est-à-dire qu’il se trouve avoir atteint son entier développement. Jusqu’à cet âge il se modifie, même extérieurement, parfois d’une manière assez sensible.
Les chevaux de pur sang entrent de bonne heure en travail puisqu’ils commencent à courir à deux ans ; il s’ensuit souvent que les entraîneurs, parlant au figuré et comparativement, disent un vieux cheval en désignant de fait un poulain de quatre ans. C’est une expression impropre, dont les gens spéciaux peuvent seuls se rendre compte. L’animal qu’ils désignent ainsi est vieux relativement à ses frères de deux ans, mais réellement il est encore poulain. C’est à cinq ans seulement que le nom de cheval peut lui être appliqué, parce qu’à ce moment le travail de croissance et de formation est complètement terminé.
Cette règle n’est, au reste, pas absolue, et se trouve toujours subordonnée à l’élevage, l’hygiène et le régime qui ont été donnés au poulain depuis sa naissance et pendant son jeune âge. La nourriture et l’exercice hâtent et aident le travail de la nature. Ainsi, un poulain de pur sang de trois ans, ayant mangé de l’avoine dès qu’il a pu la mâcher, ayant été mis à l’entraînement à dix-huit mois, se trouve, à trois ans beaucoup plus avancé et apte à rendre d’utiles services, qu’un cheval de demi-sang de cinq ans, resté à l’herbage sans être ni nourri, ni exercé. A quatre ans il peut, par conséquent, se trouver tout à fait formé. Ce n’est donc pas sans une certaine logique que les entraîneurs lui appliquent le nom de cheval, mais vieux est une superfétation.
Il y a, par conséquent, pour les éleveurs de chevaux de pur sang un intérêt majeur à nourrir leurs poulains au grain le plus tôt possible ; sinon, ils se trouveraient, pendant la plus importante, si ce n’est la plus longue phase de leur carrière, dans une position constante, d’infériorité vis-à-vis de leurs adversaires.
(Dictionnaire du sport français, de Ned Pearson, O. Lorenz, 1872 Paris.)
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