Décharge On décharge certaines montures d’une livre, un kilo, ou plus selon les conditions de la course, les performances du cheval, mais aussi le statut du jockey : les apprentis ont des décharges pouvant aller, dans certaines courses, jusqu’à 12 kilos. On estime qu’une décharge d’un kilo correspond à un avantage d’une longueur.
Au galop, les mâles "rendent du poids" aux femelles, ce qui signifie qu’ils portent plus de poids que les femelles, ceci pour compenser la supériorité, empiriquement établie, du sexe mâle sur le sexe femelle. Les chevaux de quatre ans rendent du poids aux chevaux de trois ans et ces avantages s’additionnent.
On dira : "Youmzain rendait trois livres à Alpine Rose dans le Grand Prix de Saint Cloud". Le mâle portait 58 kilos, la femelle 56,5. |
|
« On donne le nom de décharge à l’avantage de poids résultant pour certains chevaux, soit des différences établies entre eux dans un handicap, soit des termes mêmes du programme de la course, qui accordent un avantage de poids, ou décharge, à certaines catégories de chevaux placés dans des conditions déterminées. Le poids réglementaire et fixe d’une course est toujours énoncé au programme comme règle générale. Il y est également mentionné, parfois, que plusieurs chevaux placés dans une position relativement désavantageuse, en raison, soit de leur provenance, soit de leur carrière antérieure, reçoivent l’avantage d’un certain nombre de livres déterminé : c’est ce que l’on appelle décharge.
Ainsi, en supposant par exemple, que le poids réglementaire de la course soit de 51 kilogrammes, si l’on ajoute au programme : Les chevaux n’ayant jamais gagné un prix de 4000 francs recevront une décharge de 3 kilogrammes, les concurrents qui se trouvent dans cette position porteront seulement 48 kilogrammes, tandis que le poids de leurs adversaires sera de 51 kilogrammes. Le but de cette disposition est d’ouvrir certaines courses, par l’appât de cet avantage, au plus grand nombre de concurrents possible. Pour certaines réunions de courses, c’est le meilleur moyen d’obtenir plusieurs chevaux partants dans des prix où la présence d’un adversaire dangereux écarterait toute concurrence. Cet avantage de poids les décide souvent à affronter une lutte dont cette inégalité rend les chances plus incertaines.
Deux manières de procéder sont mises en usage pour arriver au même but : celle des décharges, dont nous venons de parler, applicables aux chevaux médiocres, qui ont besoin de cet avantage pour espérer pouvoir lutter avec quelque chance de succès contre un adversaire supérieur ; celle des surcharges, imposées au contraire aux meilleurs chevaux, ou à ceux qui ont gagné une ou plusieurs courses importantes. Non seulement ces deux combinaisons arrivent au même but, puisqu’elles se résument l’une et l’autre par une inégalité dans la répartition des poids des différents chevaux courant dans la même course ; mais leur effet se double parfois en se combinant, quand elles se trouvent réunies dans un même programme. Ainsi il peut arriver qu’un cheval n’ayant jamais gagné reçoive une décharge de 4 kilogrammes, et qu’en même temps celui qui aurait gagné une somme de 10 000 francs soit condamné à une surcharge de 4 kilogrammes. De cette façon, si les deux chevaux partent dans la même course, ce n’est plus 4 kilogrammes que celui qui n’a jamais gagné reçoit du gagnant d’une somme de 10 000 francs, mais bien 8, puisqu’il porte 4 kilogrammes en moins et son concurrent 4 kilogrammes en plus. Les décharges ne se cumulent jamais, c’est-à-dire que si un programme de courses stipule plusieurs décharges, résultant de diverses conditions, et que l’un des concurrents se trouve par sa position en droit de profiter de deux ou de plusieurs d’entre elles, il ne peut les additionner et bénéficier de l’avantage que lui donnerait le total de ces diverses surcharges. Dans ce cas il prend la plus forte. Ainsi, si un cheval a droit à une décharge de 3 kilogrammes comme né dans telle ou telle circonscription, et une de 4 kilogrammes comme n’ayant jamais gagné, il prend la décharge de 4 kilogrammes.
Ce système de décharges, très juste en apparence, est d’une grande ressource pour la composition d’un programme, demande cependant à être employé, avec une certaine science, car il devient souvent la cause involontaire de fraudes, dont le public est doublement victime. Pour jouir de l’avantage attaché dans plusieurs courses aux chevaux n’ayant jamais gagné, il arrive fréquemment que l’on fait partir un cheval, dans une course, soit en sachant parfaitement qu’il lui est impossible de gagner, parfois même en le faisant perdre intentionnellement, afin de le mettre pour une certaine course dans une position plus avantageuse et être alors certain de gagner ; on peut ainsi parier à coup sûr contre le cheval quand on veut le faire perdre, et pour lui le jour où l’on désire gagner.
L’amiral Rous, l’autorité la moins contestée en Angleterre en matière de courses, s’exprime ainsi à ce sujet "Evitez, dit-il, cet encouragement à la fraude qui consiste à accorder cinq livres aux chevaux qui ont couru deux fois sans gagner et neuf livres à ceux qui ont été battus trois fois ou davantage. C’est un appât pour ceux qui ont l’habitude de faire courir des chevaux hors de condition, afin qu’ils soient battus, et une prime accordées à la mauvaise foi."
En France, les juments jouissent de plein droit d’une décharge d’un kilo et demi, dans toutes les courses réglementaires. Mais ce n’est à vrai dire pas là une décharge, puisqu’elle est spécifiée comme règle fixe. Si, dans certaines courses, l’on veut enlever cet avantage aux juments, il suffit, après l’énoncé des poids, de mettre sur le programme "poids commun". »
Dictionnaire du sport français, de Ned Pearson, O. Lorenz, 1872, Paris.
|
« page précédente
- « définition précédente - définition suivante »
Contributions (0) - Retour liste Lexique |