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Edouard VII
(1841-1910)
Edouard VII, roi du Royaume-Uni d¹Angleterre et d¹Irlande, roi des royaume du Commonwealth et empereur des Indes, né le 9 novembre 1841. Règne du 22 janvier 1901 à sa mort le 6 mai 1910.
Visite la France en mai 1903, et se rend sur l¹hippodrome de Longchamp en compagnie du Président de la République française, Emile Loubet, pour assister au Grand Prix de Paris.

Edouard VII - Arrivée du Roi à Longchamp Collection Ch. DonnerEdouard VII - Arrivée du Roi à Longchamp Collection Ch. Donner
Arrivée du Roi à Longchamp Collection Ch. Donner
Sur le site La Plume et le Rouleau , une description de la visite.
Extrait : 
« (S) Arrivé sur le sol français, imperturbable, toujours souriant, le monarque salue la foule, tandis que les diplomates français et anglais sourient jaune face aux cris hostiles. Edouard VII s¹est donné une mission : malgré les quolibets, en dépit des préventions de ses interlocuteurs contre lui, il est là pour séduire. Et ce francophile sait y faire.
Le soir de son arrivée, un spectacle doit se dérouler à la Comédie Française en son honneur : L'Autre Danger, de Maurice Donnay et le chef du protocole a expressément composé la salle d¹une majorité deS parlementaires pour éviter tout esclandre. Peine perdue, au moment de son entrée, quelques sifflets fusent pour saluer Edouard VII, qui ne se départit pas de son calme. « Il m'avait semblé entendre quelques sifflets..., dira par la suite celui-ci. Mais non, j'ai dû me tromper... Je n'ai rien entendu du tout ! » On s¹inquiète de tout ce qui pourrait chagriner le roi et l¹on craint qu¹il ne soit choqué par la présence dans l¹assistance de la starlette de l¹époque, la « Belle Otéro » (Caroline de son prénom) dont la vie scandaleuse défraie alors les chroniques des journaux « people ». Emile Loubet ordonne : « Cette cocotte ! Faites-la sortir ! » Mais Edouard VII le rassure : « Vous savez, M. le Président, j'en ai vu d'autres ! » et, à l'entracte, il quitte sa loge pour le foyer des artistes où il rencontre Jeanne Granier, une des sociétaires du Théâtre Français avec laquelle ses échanges laissent à penser qu¹elle est en fait une de ses maîtresses de jeunesse. Le pittoresque du roi, sa bonhomie, ses manières simples et sa courtoisie sans façon commencent de fait à séduire les Français qui l¹entourent.
Le lendemain, Edouard VII passe un régiment en revue à Vincennes, assiste aux courses de Longchamp puis, le soir, se rend à l'Opéra. Silence du public : aucun sifflet ne se fait plus entendre. A l¹entracte, nouvelle série de poignées de mains : le roi retrouve avec plaisir d¹anciens amis parisiens.
Le troisième jour, Edouard VII enfonce le clou. Lors du grand dîner donné à l'Elysée, il se lève pour porter un toast : « J'ai connu Paris depuis mon enfance, dit-il. J'y suis revenu souvent ; j'ai toujours admiré la beauté de cette ville unique et l'esprit de ses habitants. Je me réjouis des liens d'amitié qui unissent nos deux pays et j'ai l'espoir de les voir grandir encore. » La presse note scrupuleusement ce vigoureux coup d¹encensoir à la Ville Lumière et aux Parisiens.
Voilà un homme qui sait flatter les populations qu¹il rencontre même si, c¹est vrai, le roi aime sincèrement la France. Ça y est, l¹impulsion est donnée : au moment où le monarque quitte la ville, c¹est une foule enthousiaste qui salue celui que la presse populaire appelle pompeusement « le tsar de toutes les Angleterre ». Edouard VII a réussi son pari là où on ne l¹attendait pas : il a conquis le coeur de la population par une habile médiatisation d¹un comportement marqué par l¹ouverture et la simplicité. Il n¹en faut pas plus pour être populaire.
Quelques semaines plus tard, le Président de la République lui rend alors la politesse : là encore, accompagné du Ministre des affaires Etrangères Théophile Delcassé, l¹objectif du Président français, qui est pourtant constitutionnellement dépourvu de pouvoir, est de parler politique, rapprochement et règlement de questions épineuses. L¹accueil populaire est chaleureux.
Dès le lendemain 7 juillet, le ministre britannique des Affaires étrangères dit à son collègue français : « Et maintenant, causons ! ». Les discussions sont fructueuses : à la France le Maroc, à l'Angleterre l'Egypte. Les difficultés s¹aplanissent, l'Entente cordiale entre les Rosbifs et les Bouffeurs de grenouilles est née, elle sera officialisée le 8 avril de l'année suivante, en 1904, il y a un siècle.
Et tout cela grâce, notamment, à l¹audace d¹Edouard VII.
 
La Plume et le Rouleau © 2004


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