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Lexique › Faire le jeu
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Faire le jeu
« Quand un cheval, au lieu de courir dans le groupe, c’est-à-dire à côté du plus grand nombre des concurrents, prend la tête dès le départ, on est convenu de dire qu’il fait le jeu. Cette expression vient probablement, quand elle est employée dans ce sens, c’est-à-dire appliquée à un seul cheval appartenant à un propriétaire qui n’en a pas d’autres dans la course, de ce qu’en adoptant cette tactique, il fait le train et force les autres à suivre son jeu, sous peine de lui laisser prendre une telle avancée qu’ils courent risque de ne pas le rejoindre.
Faire le jeu présente une signification beaucoup plus rationnelle, quand on s’applique à cette périphrase à l’un de deux chevaux appartenant au même propriétaire, et courant ensemble dans la même course. Généralement, quand un propriétaire fait partir deux chevaux dans une course, comme toujours il désire gagner avec l’un plutôt qu’avec l’autre, celui sur lequel il ne compte pas, ou avec lequel il ne veut pas gagner est, d’ordinaire, sacrifié d’avance.

Faire le jeu - Faire le jeu -

On le fait partir seulement pour assurer la chance de son compagnon, et lui rendre, pendant la durée de la course, tous les services légalement possibles, en un mot il fait le jeu de celui qui est destiné à gagner. C’est un grand avantage d’avoir deux chevaux dans la même course, parce qu’on peut régler le train à son gré, l’un des deux associés peut impunément partir grand train, prendre une place avantageuse contre la corde et la céder ensuite à son camarade au moment opportun. Mais pour faire utilement le jeu il faut que les deux chevaux soient d’une qualité suffisante pour inspirer une crainte à leurs adversaires. Si, comme cela arrive souvent, on emploie un animal dépourvu de tout mérite, pour exécuter cette tactique, personne ne s’en préoccupe, on le laisse aller à son gré, étant toujours certain de le rejoindre quand on le voudra. Si, par surprise, il prenait une avance démesurée, il serait obligé de gagner pour son compte, et l’intention du propriétaire ne serait pas remplie ; il pourrait même, en ce cas, perdre beaucoup d’argent, s’il avait parié pour le cheval avec lequel il comptait gagner.
La tâche de faire le jeu est aussi difficile au moins pour le jockey qui l’exécute, que pour celui chargé de monter le favori du propriétaire. Il doit posséder un grand tact, afin de ne pas faire un jeu désespéré et inutile, en marchant un train tel que son cheval ne puisse le soutenir pendant toue la durée du parcours. Il doit cependant mener la course assez vite pour que son camarade y trouve un avantage. Il lui faut se réserver pour la dernière phase de la lutte, où il doit encore occuper aux premiers rangs une bonne place, et la céder à son compagnon, quand celui-ci arrive et se détache pour gagner. L’exécution de cette manœuvre demande un tact, une précision que ne possèdent pas tous les jockeys. Quant à ce qu’on est convenu d’appeler un jeu désespéré, c’est-à-dire un cheval qui part à toute volée, marchant aussi vite qu’il peut, ce n’est pas faire le jeu, et, à vrai dire, ce n’est rien faire du tout. Les concurrents, certains de le rejoindre, le laissent aller et ne s’en occupent pas. »
Dictionnaire du sport français, de Ned Pearson, O. Lorenz, 1872, Paris.

Voir aussi Cheval de jeu



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