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Fast trot

Fast trot : une révolution dans l’entraînement du trotteur ?
Article de Ch. Donner, paru dans le Journal du Trot (06/02/2009)

GPS ET PDA AU SERVICE DU CHEVAL
« Je n’ai rien inventé, précise d’emblée Yannick  Lavandier, je n’ai fait que mettre au point un système en combinant plusieurs brevets. »
 En effet, ce n’est pas d’aujourd’hui qu’on utilise le cardio-fréquence-mètre pour l’entraînement des chevaux. Si on est capable depuis longtemps d’enregistrer les pulsations cardiaques du cheval au cours de l’effort, tous les essais de transmission de ces informations en temps réel s’étaient jusque-là avérés désastreux.


Fast trot - Fast trot -

L’ingéniosité et l’entêtement de Yannick Lavandier seraient-ils venus à bout de tous ces handicaps ?
Si c’est le cas, comme il le semble au vu des témoignages de vétérinaires et de professionnels que nous avons recueillis, l’arrivée de Fast Trot sur le marché annonce une « petite révolution » dans la méthode d’entraînement des trotteurs que nous allons assister.
L’appareil n’a pas pour objet de remplacer l’entraîneur, ni même d’améliorer les performances d’un cheval. Mais un calcul précis du rythme cardiaque d’un cheval, parvenant au driver en temps réel, doit lui permettre d’éviter de « mettre son cheval dans le rouge ». Car une fois que c’est fait, même si on s’en rend compte, il est souvent trop tard. Le mal est fait.
« Mon appareil ne fait pas gagner des courses, répète Yannick Lavandier, c’est un outil d’entraînement qui s’utilise sur le long terme, pour une meilleure connaissance de chaque cheval. »

QU’EST-CE QUE FAST TROT ?
C’est un « cardio-fréquence-mètre » permettant à l’entraîneur de visualiser en temps réel les données cardiaques. Il comprend une ceinture cardiaque (marque Polar), un GPS (marque FRWD fonctionnant en Bluetooth), un PDA doté de logiciels, éventuellement un casque pour recevoir les informations sous forme audio (synthèse vocale ACAPELA).
Après l'entraînement, la possibilité est offerte de transférer les données vers un ordinateur, qui, par divers logiciels en place, analysera avec des graphiques toutes les phases du déroulement de la séance.
Le pack est conçu initialement pour une utilisation dans le secteur humain. Yannick Lavandier a pris des options sur les brevets existants pour le adapter à l’entraînement du trotteur.
Yannick Lavandier se rend disponible pour installer sur place l’appareil et en expliquer le fonctionnement à l’acheteur.
Commercialisés depuis novembre 2008. Le délai de livraison est de 15 jours.

Yannick Lavandier, son inventeur en quelques dates
1966 : Naissance à Nantes.
1981 : Entre dans la vie active comme pâtissier.
1984 : Parcourt le monde.
2001 : Retour en France.
2006 : Met au point le premier prototype du « Fast trot » en juillet.
2008 : Vend le premier appareil en septembre.
Cet ancien compagnon pâtissier globe trotter a fait connaissance du cheval en 2004, à l’occasion d’une rencontre fortuite avec Damien Gasté, propriétaire du haras des Chaumes à Tigné, dans le Maine et Loire. Yannick Lavandier a découvert l’établissement et les trotteurs qu’on y élevait. Ayant une certaine compétence en matière informatique et constatant la faible utilisation de cet outil dans le milieu des courses, l’idée lui est venue d’adapter les cardio-fréquence-mètres utilisés dans le domaine sportif humain au cheval.
Après avoir mis au point Fast Trot, Yannick Lavandier envisage la possibilité d’obtenir les informations particulières au cheval (vitesse et rythme cardiaque) sur l’écran télé, en même temps que la déroulé de la course.

INTERDIT EN COURSE
Tout comme l’utilisation des téléphones portables, les appareils d’enregistrement sont interdits pendant la course. Des dérogations spéciales ont été accordées aux chaines de télévision pour filmer la course depuis un casque, mais elles n’ont plus été accordées depuis longtemps, elles n’avaient d’ailleurs pas un grand intérêt. Mais il n’est pas possible d’installer un cardio-fréquence-mètre sur un cheval pendant une course. L’enregistrement du rythme cardiaque d’un cheval de course serait pourtant une information précieuse pour expliquer telle ou telle contreperformance. 

 L’OPINION DE MANUEL CRIADO, entraineur driver

JDT — Depuis quand utilisez-vous le Fast Trot ?
Manuel Criado — Cela fait plus de deux mois.
- Vous en êtes satisfait ?
- Ça permet d’avoir de bonnes bases sur les chevaux. Des bons repères sur leur forme, leur faculté de récupération.
- Est-ce que c’est facile à installer ?
- Très facile. Il y a des électrodes sous les harnais et sous les sangles. Ensuite, on branche le GPS avec une petite pochette. Et voilà. Une fois que c’est installé on ne touche plus à rien. On travaille le cheval normalement et quand on descend du sulky, on éteint l’appareil.
- Cela vous prend combien de temps en tout ?
- Cinq minutes à peine pour l’installer, et le soir, pour récupérer les informations et les envoyer au vétérinaire, une dizaine de minutes.
- Vous avez l’exemple d’un cheval qui aurait particulièrement bénéficié de l’aide du Fast Trot ?
- J’ai Queen Schmar (Gatsby de Vive)ar, qui est une jument très nerveuse. Elle en fait toujours plus au travail que ce qu’il faudrait. Du coup, au niveau cardiaque allait très vite dans le rouge, ce que j’ai pu repérer facilement avec le cardio-fréquence-mètre. Après avoir étudier les données avec le vétérinaire, j’ai décidé de faire travailler la jument moins dur, un peu plus longtemps, et des distances plus longues, elle est moins nerveuse, et c’est de mieux en mieux. Même chose avec un cheval comme Rupin Magik (Buvetier d’Aunou) qui s’est amélioré. (Il reste sur une victoire et une place de deuxième à Toulouse, ndlr).
- Est-ce qu’on peut aussi repérer les chevaux paresseux au travail ?
On peut surtout déterminer si un cheval a de la tenue ou de la vitesse. Certains chevaux n’ont pas un rythme cardiaque très élevé mais peuvent courir 5 000 mètres. Ceux-là, j’essaie d’améliorer un peu leur rythme cardiaque en travaillant sur des fractionnés. Je ne me sers de Fast Trot que depuis deux mois, mais c’est un outil très intéressant. Ça permet surtout de ne pas faire de bêtises. D’en faire moins, disons, parce qu’on arrivera toujours à en faire.

Le point de vue de Jacques Blanchard, vétérinaire

JDT — Comment avez-vous découvert le Fast Trot ?
Jacques Blanchard — J’ai rencontré Yannick Lavandier au salon des étalons à Vincennes il y a un an. Il proposait son système qui était encore à l’état de prototype. En tant que vétérinaire spécialisé dans les chevaux de courses (Jacques Blanchard est installé près de Durtal, dans le sud de la Sarthe, ndlr), j’ai toujours été intéressé au suivi médico-sportif du cheval, notamment du trotteur. Je connaissais évidemment l’existence de différents « cardio-fréquence-mètre », le problème de ceux que j’ai utilisés et fait utiliser, comme l‘appareil mis au point par la société Polar, c’est qu’ils n’étaient pas pratiques. La transmission entre le récepteur et l’émetteur se faisait par câbles. Avec les vibrations, les chocs, le vent, la pluie, ça tombait tout le temps en panne. Le calcul de la vitesse se faisait avec des petits aimants et un capteur sur les roues. La programmation du logiciel représentait aussi un véritable casse-tête pour les entraineurs. Dans leur conception, ce système était bon, mais dans l’utilisation, il était assez décourageant, il a d’ailleurs fini par décourager tous ceux qui avaient essayé de l’adopter. Le Fast Trot de Yannick Lavandier a réglé la plupart de ces inconvénients : plus de câble, un écran lisible, une possibilité de recevoir les information par voix de synthèse à l’intérieur du casque.
- Quel est l’intérêt pour l’entraînement ?
- L’intolérance à l’effort se caractérise par une stabilisation de la fréquence cardiaque avec une diminution de la vitesse. En d’autres termes, s’il n’est plus capable d’accélérer c’est qu’il entre en zone rouge. A contrario, le marqueur d’un bon entrainement, celui qui donne des effets positifs, c’est lorsqu’à rythme cardiaque donné, la vitesse du cheval continue d’augmenter d’une séance à l’autre.
- C’est d’abord un système d’alerte ?
- Je compare souvent le cardio-fréquence-mètre au compte-tour d’une voiture. Après, il y a différentes façons de l’utiliser, quand il s’agit d’un travail de fond, un travail de puissance, ou de vitesse pure. Il peut aussi aider à établir un diagnostique quant à la récupération du cheval après l’effort. Beaucoup de choses sont possibles.
- Les tests d’efforts sont établis à quel moment ?
- Dès qu’un cheval est capable d’effectuer un parcours de 1 500 à 2 000 mètres correctement. C’est-à-dire après le débourrage, au bout de deux ou trois mois de travail, et avant les qualifications. Ce test d’effort permet de situer le niveau du cheval et définir un programme d’entraînement à partir de sa tolérance à l’effort. Ces tests sont évolutifs avec l’âge, il ne faut pas en faire des critères absolus.
- Vous êtes donc favorable à l’utilisation du Fast Trot ?
- Je crois qu’il y aurait deux erreurs à ne pas commettre : baser son entraînement sur le cardio-fréquence-mètre et entrainer sans cardio-fréquence-mètre. Mais son utilisation doit être différent pour chaque entraineur. Ce n’est en aucun cas un manuel d’entraînement. C’est un marqueur.



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