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La définition hippique du jour

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Favori
« On donne le nom de favori au cheval, qu’à tort ou à raison l’opinion désigne comme ayant le plus de chance de gagner une course. Les performances, c’est-à-dire les qualités démontrées par le cheval, sont la base la plus réelle, mais non la plus habituelle de cette confiance. C’est le plus souvent la cote, c’est-à-dire l’argent placé sur un cheval qui lui constitue la position de favori. Plus il monte dans la cote, ou mieux, moins est forte la proportion mise contre lui, plus il devient favori. Si l’on ne parie plus qu’à égalité, c’est-à-dire en mettant une somme égale pour lui contre tous les autres, c’est qu’à lui seul il a autant de chance que le reste du champ. Ce n’est cependant pas là encore le point culminant de la position de favori : certains chevaux inspirent parfois une telle confiance, que l’on paye pour les prendre. Dans ce cas la proportion, au lieu d’être faite contre eux, existe en leur faveur. Ainsi, dans une course, quel que soit le champ, si le favori, parti à 3/1 pour lui, est battu, ses partisans doivent payer trois fois à tous ceux qui ont parié contre le cheval, bien qu’ils n’eussent reçu qu’un, si le favori avait gagné.

Favori - Illustration Xavier SagerFavori - Illustration Xavier Sager
Illustration Xavier Sager
La position de favori, comme toutes valeurs d’agiotage, est essentiellement variable, et soumise à une multitude d’éventualités. Suivant les circonstances il monte et descend dans la cote ; les variations, surtout dans les grandes courses, sur lesquelles on parie longtemps à l’avance, se produisent sur des rumeurs plus ou moins exactes. La position de favori n’est pas, dans beaucoup de courses, le privilège d’un seul cheval, elle se trouve souvent disputée par plusieurs au même titre, ou à des taux inégaux. La cote chiffre mathématiquement des différences. Ainsi, deux ou plusieurs chevaux peuvent être également favoris, en ce sens que l’on parie pour eux ou contre eux, à la même cote, parce qu’on leur croit une chance égale entre eux, mais supérieure à celle de leurs concurrents. Il arrive fréquemment que deux ou trois chevaux sont favoris à un taux différent, on parie 2]1 contre le premier, 3]1 contre le second et ainsi de suite. On les comprend cependant tous sous la dénomination de favoris, parce que la confiance publique s’attache à eux et délaisse leurs concurrents.
Dans l’acceptation propre, le mot favori devrait s’appliquer uniquement au cheval, qu’un mérite démontré désigne comme le vainqueur probable. Mais, dans la pratique, on désigne plus habituellement ainsi, celui qui, momentanément, ou d’une manière fixe, se trouve en tête de la cote des paris. Il en résulte, qu’un cheval est parfois maintenu fictivement à ce rang, soit par son propriétaire, soit par des parieurs, ayant intérêt à ne pas le laisser tomber dans la cote. On dit, en ce cas, tell ou tel cheval a été favori. Cette manœuvre factice, ne peut au reste se prolonger longtemps, surtout quand la défaveur du cheval a une raison d’être justifiée ; alors, comme on dit en terme de betting, il tombe brusquement dans la cote, avec d’autant plus de rapidité, qu’il a été maintenu facticement. Mais ceux qui avaient parié pour lui, ont pu avoir le temps de parier contre, ou, comme on dit en langage technique, de le rendre. Dans ce cas, c’est le public qui supporte la perte. Si, au contraire, il n’a pas été dupe de cette tactique, ceux qui avaient pris le cheval à un moment où il leur inspirait une certaine confiance, en sont pour leur frais, et comme l’on dit en argot de betting, boivent le bouillon. »
Dictionnaire du sport français, de Ned Pearson, O. Lorenz, 1872, Paris.



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