Jockey Club Du mot anglais "jockey", et de l’anglais "club" : réunion, cercle.
Le Jockey Club est un cercle dont aucun des membres n’est jockey. Dans Hyde Parke, la comédie de James Shirley, écrite en 1632, et qui fut la première pièce de théâtre, à notre connaissance, où apparaissent les courses, le personnage du jockey est appelé "Iokey", comme pour montrer qu’il ne mérite pas de porter un nom propre : il n’est qu’un escamoteur, un maquignon. C’est sans doute par snobisme, par provocation ironique, que les Anglais propriétaires de chevaux de courses, méprisés par la gentry urbaine, ont nommé leur club, en 1750, le Jockey Club.
On retrouve ce réflexe dans nombres de communautés, d’ethnies ou de corporations : on adopte le nom par lequel les autres vous désignent péjorativement. Le mot juif, selon certaines théories, c’est l'insulte ("sale esclave") lancée par les persécuteurs de ce qui n’était encore qu’une tribu de nomades. Idem pour les "nègres", les "pédés", les "indios", comme si la meilleure façon de répondre à l’outrage était de se draper dedans, et de s’en faire une fierté. C’est ainsi que le club portant le mot le plus dépréciateur qui soit est devenu le plus sélect du monde.
Jockey Club français, copie conforme du fameux club anglais, est fondé en 1834. On y trouvait pas plus de jockeys que dans le club anglais. Mais des propriétaires de chevaux et des amateurs de courses, la plupart aristocrates. Abritant autant d’orléanistes que de légitimistes, il fut longtemps le lieu de joutes, de duels, le plus souvent par le truchement de paris sur les chances des chevaux. Les prises de paris se faisaient au Salon des courses qui se réunissait régulièrement dans le quartier de l’Opéra. |
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