Jockey Du mot anglais jockey qui vient de Jack, lui-même diminutif de John.
Au 16e siècle, un "John", ou un "Jack" c'est un moins que rien, un palefrenier, un garçon tout juste bon à s'occuper des chevaux.
Dans "Hyde Parke", la comédie de James Shirley, écrite en 1632, et qui fut la première pièce de théâtre, à notre connaissance, où apparaissent les courses, le personnage du jockey est appelé "Iokey", comme pour montrer qu¹il ne mérite pas de porter un nom propre : il n¹est qu¹un escamoteur, un maquignon. En France, à partir des années 1775, date de la première vague anglophile inspirée par Marie-Antoinette, les piqueurs qui montent les chevaux de courses sont remplacés par des jockeys, parfois écrits "jaquets", souvent d'origine anglaise. La profession mettra près d'un siècle à être reconnue en tant que telle. En 1865, H. Grimshaw, qui montait le cheval français Gladiateur, touche 20 000 francs par an d¹honoraires, plus 50 francs par monte (doublée en cas de victoire).
La profession de jockey est aujourd’hui réglementée : www.asso-jockeys.com
« Si l’entraîneur peut être justement considéré comme la base fondamentale de toute écurie d’entraînement, le jockey est, sans contredit, un élément de succès sinon égal, au moins aussi indispensable. L’ignorance, où l’on est généralement en France, des courses et de toutes les questions qui s’y rattachent, ne s’arrêtent pas aux chevaux et s’étend à tout ce qui les concerne. Le jockey n’a nécessairement pu y échapper, il est considéré généralement comme un être d’exception, presque un produit artificiel. Les récits fantaisistes sur le cheval de course, son hygiène, les soins dont il est l’objet sont également mis en circulation sur les jockeys.
Il existe, au reste, une similitude entre eux, en ce sens que, destinés tous deux à une spécialité exclusive, ils doivent, l’un et l’autre, être doués de certaines qualités naturelles développées par l’exercice, c’est-à-dire l’entraînement. Cette obligation n’atteint pas davantage la constitution du jockey que celle du cheval ; elle lui fait acquérir, au contraire, une force et une puissance auxquelles il ne parviendrait jamais sans ce régime salutaire.
Un jockey, au lieu d’être, comme beaucoup de gens se l’imaginent encore, un être débile, rachitique, amaigri par un système énervant, est, proportionnellement à sa taille et à son volume, plus fort qu’un autre homme du même physique.
La première condition indispensable pour assurer l’avenir d’un jockey est le poids, c’est-à-dire qu’il doit être d’une complexion telle que, sans être obligé de se faire maigrir outre mesure, il puisse monter au poids de course moyen, c’est-à-dire, en France, cinquante à cinquante-deux kilogrammes. Comme les hommes d’un semblable volume sont en fin de compte, des exceptions, on a mis en circulation les bruits les plus étranges sur la manière employée par les Anglais pour arriver à confectionner une race de jockeys. La vérité est que, ce métier étant très lucratif, les hommes en état de la pratiquer s’y sont adonnés de préférence, formant une sorte de classe à part ; ils se marient généralement entre eux. Un jockey épousant la fille d’un de ses camarades plus âgé, il est assez naturel qu’en vertu de la loi immuable de la transmission, leurs enfants leur ressemblent et embrassent la même carrière. Là se trouve tout le secret de la formation de cette race d’hommes, exceptionnelle à certains points de vue, il faut en convenir. » Dictionnaire du sport français, de Ned Pearson, O. Lorenz, 1872, Paris.