Maquignon L'origine du mot est incertaine, son sens initial est celui de courtier. Le maquignon est un marchand de chevaux. On l’emploie souvent le terme pour désigner un commerçant peu scrupuleux, rusé, prêt à user de tous les stratagèmes pour vendre ses bêtes. On parlera de "méthodes de maquignon". On utilise parfois le verbe maquignonner, ou le substantif maquignonnage.
Le maquignon est aussi un obstacle dans les courses de cross, composé d’un râtelier rempli de paille et surmonté d’un toit.
« Comment définir ce caractère ou plutôt ce personnage, dont le rôle est si marqué dans toutes les transactions qui ont pour objet le cheval ?
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Collection Ch. Donner
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Le maquignon, que nous voulons désigner ici, n’est pas le pauvre diable qui hante les foires, courts les villages, cherche, épie, surveille et dépense en un jour une somme énorme de facultés pour de bien minces bénéfices. Celui-là tripote, drogue, maquille, défigure un cheval sur lequel il veut gagner quelques pistoles. Il travaille les oreilles, souffle les salières, burine les dents, place une queue postiche, taille les sabots, mastique les genoux, donne un coup de pinceau, grave un chiffre, soigne la crinière, refait une jeunesse, farde, corrige, embellit ; Mais enfin, avec un peu d’attention, un examen minutieux, on peut démolir tout l’échafaudage, mettre à nu les défauts qu’on voulait cacher, et savoir, en un mot, ce que vaut un cheval ainsi transformé ou défiguré.
Mais il est un autre maquignon, né dans les grandes écuries ou au contact des sportsmen à la mode, très difficile à démasquer, par ce qu’il a du gentleman le langage, et presque des façons. Il opère de haut et de loin, file un cheval, comme un agent filerait un malfaiteur, salue le beau monde et tutoie les jockeys. Il est quart d’agent de poule et fait un service de trait d’union entre la coulisse et le betting. N’étant pas assez riche pour faire courir des chevaux, il fait courir de fausses nouvelles, et, pour ce, a organisé tout un système dont un diplomate admirerait la trame. Il a ses dépêches et ses espions, sa correspondance, son contrôle, ses rapports. Il ne dédaigne point d’aller lui-même aux informations, seulement il est obligé de se baisser beaucoup pour les ramasser. Qu’importe, qu’il pleut, le premier, savoir que Dorade a purgé, et que Tremplin a pris un bon galop. En dehors de la saison des courses, il a d’autres industries dont le Tattersall et l’établissement Chéri sont les grands ateliers.
Le langue française, pleine de courtoisie pour les dévoyés, a trouvé le mot amateur comme caractéristique du portrait que je viens de tracer. Le mot maquignon désigne beaucoup mieux ces personnalités, et, tôt ou tard, le mot trouvera son application dans plus d’une région sociale. »
Dictionnaire du sport français, de Ned Pearson, O. Lorenz, 1872, Paris.
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