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Lexique › Simon, Claude
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Simon, Claude
(1913-2005)

Ecrivain français, né le 10 octobre 1913 à Tananarive (Madagascar), mort à Paris le 6 juillet 2005.
Prix Nobel de littérature en 1985. Auteur de Histoire et des Géorgiques.
Il fait paraître en février 1957 une nouvelle intitulée  Le Cheval, dans la revue  Les Lettres nouvelles. Largement repris dans La Route des Flandres, un roman complexe, qui met en scène un ancien jockey de l’écurie Reixach, Iglesia, devenu soldat. Georges Reixach enquête sur la mort de son cousin, le capitaine Reixach, abattu en 40 par un parachutiste allemand…


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Claude Simon
Extrait :
« (…) Et de nouveau il me semblait voir cela : se détachant sur le vert inimitable des opulents marronniers, presque noirs, les jockeys passant dans le tintement de la cloche pour se rendre au départ, haut perchés, simiesques, sur les bêtes graciles et élégantes, leurs casaques multicolores se suivant dans les pastilles de soleil, comme ceci : Jaune, bretelles et toque bleues – le fond vert noir des marronniers – Noire, croix de Saint-André bleue et toque blanche – le mur vert noir des marronniers – Damier bleu et rose toque bleue – le mur vert noir des marronniers – Rayée cerise et bleue, toque bleu ciel – le mur vert noir des marronniers – Jaune, manches cerclées jaune et rouge, toque rouge – le mur vert noir des marronniers – Bleu clair, manches noires, brassard et toque rouges – le mur vert noir des marronniers – Grenat, toque grenat - le mur vert noir des marronniers – jaune, cercle et brassard verts, toque rouge - le mur vert noir des marronniers – Bleue, manche rouges, brassard et toque verts - le mur vert noir des marronniers – Violette,  croix de Lorraine cerise, toque violette - le mur vert noir des marronniers – Rouge, pois bleus, manches et toque rouges - le mur vert noir des marronniers – Marron cerclé bleu ciel, toque noire… les casaques étincelantes glissant, le mur vert noir des feuilles, les casaques étincelantes, les pastilles de soleil dansant, les chevaux aux noms dansants – Carpasta, Milady, Zeida, Naharo, Romance, Primarosa, Riskoli, Carpaccio, Wild-Risk, Samarkand, Chichibu – les jeunes pouliches posant l’un après l’autre leurs sabots délicats et les retirant comme si elles se brûlaient, dansant, semblant se tenir, suspendues et dansantes, au-dessus du sol, sans toucher terre, la cloche, le bronze tintant, n’en finissant plus de tinter tandis que l’une après l’autre les chatoyantes casaques glissaient silencieusement dans l’élégant après-midi et Iglesia passant sans la regarder avec sur le dos cette casaque rose qui semblait laisser derrière lui comme le sillage parfumé de sa chair à elle (…) »

Extrait de son discours à Stockholm, à l’occasion de la remise de son Prix Nobel :

« Je suis maintenant un vieil homme, et, comme beaucoup d'habitants de notre vieille Europe, la première partie de ma vie a été assez mouvementée : j'ai été témoin d'une révolution, j'ai fait la guerre dans des conditions particulièrement meurtrières (j'appartenais à l'un de ces régiments que les états-majors sacrifient froidement à l'avance et dont, en huit jours, il n'est pratiquement rien resté), j'ai été fait prisonnier, j'ai connu la faim, le travail physique jusqu'à l'épuisement, je me suis évadé, j'ai été gravement malade, plusieurs fois au bord de la mort, violente ou naturelle, j'ai côtoyé les gens les plus divers, aussi bien des prêtres que des incendiaires d'églises, de paisibles bourgeois que des anarchistes, des philosophes que des illettrés, j'ai partagé mon pain avec des truands, enfin j'ai voyagé un peu partout dans le monde ... et cependant, je n'ai jamais encore, à soixante-douze ans, découvert aucun sens à tout cela, si ce n'est comme l'a dit, je crois, Barthes après Shakespeare, que « si le monde signifie quelque chose, c'est qu'il ne signifie rien » — sauf qu'il est. »



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