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Lexique › Winkfield, James
La définition hippique du jour

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Winkfield, James
(1882 - 1974)
Né le 2 avril 1882, James Winkfiel est le dix-septième enfant d'un couple de métayers du Kentucky, il sera le dernier jockey noir ("African American") à gagner le Kentucky Derby. Ayant survécu au Ku Klux Klan, à la Révolution Bolchevique en Russie et aux Nazis, il mourut, tel un riche propriétaire, dans un château français.

Jimmy Winkfield est sûrement le témoin le plus étrange et le plus mystérieux des événements historiques qui marquèrent le 20e siècle. Sa vie est faite d'aventures les plus singulières à travers le monde entier.

Winkfield a remporté le Kentucky Derby, l’une des plus grandes épreuves de pur-sang aux Etats-Unis, en 1901 et 1902.

James Winkfield
Dernier Noir américain à remporter cette course, il est l’incarnation d'une époque où les jockeys noirs dominaient les événements hippiques. (Cet héritage tient ses racines dans l'esclavage, quand les propriétaires de plantation laissaient le soin à leurs esclaves d'entraîner et de faire courir les chevaux). Au premier Kentucky Derby, en 1875, 13 des 15 cavaliers étaient des "African American". Lors des 28 premières années du Derby, 15 des gagnants étaient des jockeys noirs.

Jimmy Winkfield a commencé sa carrière au plus bas de l’échelle : jockey pour 8 $ par mois. Au sommet de sa carrière, il gagnait 1000 $ par course. Mais en 1903 Winkfield a complètement raté sa troisième tentative dans le Derby du Kentuky et cette défaite a quelque peu contrarié la suite de sa carrière. En proie à des difficultés financières, victime désignée des attaques du KKK, son équilibre moral s’en ressent.
Il s’exile en Russie où il devient en quelques mois la star des champs de courses qu'il était aux Etats-Unis. Il est le jockey attitré des chevaux du tsar jusqu'à ce que l’arrivée des Bolcheviks au pouvoir mette fin à ces activités hippiques en Russie. Il s’enfuit avec les 200 chevaux du souverain à travers l'hiver rigoureux de l'Europe de l'Est, mangeant certains d'entre eux le long de son voyage pour ne pas mourir de faim. Il arrive en France avec ces chevaux bien-aimés, devient un gentleman-rider, se marie avec une Française, et reconstitue sa fortune. Arrivent alors les Nazis qui l’obligent de nouveau à fuir. Lui et sa famille e retrouvent à Aitken, en Caroline du Sud, où il reprend une vie humble, celle du jockey d’entraînement à 15 $ par jour.
Après la guerre, il revient en France, recouvre sa position, une partie de sa fortune : sa ferme et sa propriété. Invité par le Sport Illustré, il retourne à Louisville, dans le Kentucky, terre de ses exploits légendaires. Nous sommes en 1961. Ironie tragique de l’histoire, il n’est pas reconnu et ne sera même pas autorisé à franchir la porte du Brown Hotel.
James Winkfield meurt en France le 23 mars 1974.
Plusieurs livres lui ont été consacrés, le dernier en date (2009) écrit par sa fille, française, née en 1940.



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